Magnifique église rurale, classée "monument historique", ornée de nombreuses peintures murales restaurées.

La découverte des peintures murales de Concèze eut lieu lors des recherches préparatoires à l'étude préalable de J.-J. Sill, grâce aux sondages effectués par A. Carré en 1989. Tous les décors retrouvés ont été peints à la colle sur un badigeon blanc ("dealbatio"). Dans le chœur, un fragment de peinture fait de coupe de pierre à double joint (vertical) et double lit (horizontal) rouge est décoré, au pochoir, de petites fleurettes rouges et noires. Il daterait de la période romane et aurait eu une valeur symbolique de purification. Il présente des modules plus diversifiés qu'on ne peut le supposer, enrichi de fleurettes stylisées, fleurs de lys ou figures géométriques déclinées en rosaces, quadrilobes... Mais un fragment identique existant sur le mur nord du bas-côté nord, ne peut correspondre à la période romane, les bas-côtés étant postérieurs (XVème siècle). Ce motif a en effet souvent été utilisé au cours des siècles, et rend donc difficile toute tentative de datation précise. Depuis la fin de la période romane, à Concèze, une peinture plus ornementale fut utilisée, soulignant la structure ou des détails architecturaux (nervures, clefs de voûte, ébrasement des fenêtres, etc.). Au XIVème et au XVème siècle, les nervures de la nef furent mises en valeur par des décors de faux appareillages et faux claveaux polychromes (rouge, jaune et bleu-noir), rafraîchis postérieurement (peut-être au XVIIème siècle) en changeant les agencements et en utilisant en sus le rose et le vert. La superposition des deux époques est évidente sur les grandes arcades du vaisseau principal de la nef.

L'architecture de l'édifice a été soulignée au XVIIIème siècle par un décor de faux marbre rouge, jaune, bleu-noir et vert : des mouchetis sont associés à de fausses liernes dans les mêmes tons, comprenant, elles aussi, des petits points. Les murs devaient se compléter de faux appareillages à simple lit et double joint rouge, dont il ne reste plus que quelques fragments. Sur des strates ultérieures, mais probablement du XVIIIème siècle, deux litres funéraires se superposaient ; une haute plinthe noire ornait à la même époque la base des murs ouest et sud du bas-côté sud. La couche la plus récente, visible avant le commencement des travaux, était composée d'un badigeon gris recouvrant l'architecture ; elle datait sans doute de la fin du XIXème ou du début du XXème siècle.

Lors des études préalables, les dégagements avaient montré deux périodes principales pour la nef (XVème et XVIIIème siècle). Deux solutions étaient donc envisageables : la juxtaposition des deux époques ou la mise en valeur d'un seul décor. Privilégier une seule époque pour l'ensemble de l'édifice ne se justifiait ni pour des raisons de cohérence picturale, ni historiquement. La juxtaposition semblait donc le choix archéologique le plus authentique ; il fut donc retenu pour le bas-côté nord.

Afin de recréer néanmoins l'ambiance du XVIIIème siècle, période la mieux conservée, le bas-côté sud fut traité différemment à l'aide d'une réintégration picturale a trattegio.